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 Vies éparses [Nouvelles]

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Miyoki Yuitsu

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MessageSujet: Vies éparses [Nouvelles]   Mar 31 Mar - 18:41

Dis chéri ?



« Une souris verte, qui courrait dans l’herbe. »

Chevelure flamboyante. Yeux d’émeraudes. Robe de ciel bleu.

« Je l’attrape par la queue, je la montre à ces messieurs. »

Sourire angélique. Voix de velours. Ruban de dentelle dans les cheveux.

« Ces messieurs me disent ‘‘trempez la dans l’eau, trempez la dans l’huile’’. »

Pas délicats qui bougent au grès de la douce musique. Le parfum des fleurs embaume l’air d’une saveur incomparable. L’être, comme un rêve, évolue avec beauté. Qui oserait stopper cette danse effrénée ?

« Ca fera un escargot tout chaud ! »

En cette nuit de pleine lune, dans le cimetière abandonné, un fantôme d’enfant pousse la chansonnette avec légèreté. Ses pas se posent alors sur une pierre tombale aux fleurs fanées. Récupérant un lapin en peluche ensanglanté, l’apparition diaphane stoppe sa chanson pour lui
susurrer :

« Dis-moi mon chéri, qui mourra aujourd’hui ? »

~♥~

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MessageSujet: Re: Vies éparses [Nouvelles]   Mar 31 Mar - 18:42

Ensembles


Ensembles.
Identiques.
Toujours.
Nous sommes une seule entité, une seule âme et un seul fonctionnement, pour deux corps. Qui donc a eu l’idée de nous séparer ainsi l’une de l’autre ? Elya, Lyana, ou plutôt Elyana comme on nous appelle souvent. Nous sommes jumelles, une seule et même personne divisée en deux, le comble de l’absurde non ?
Je me réveille. Non. Nous nous réveillons, toutes les deux en même temps. Nous nous habillons avec les mêmes habits. Nous mangeons le même petit déjeuner. Inutile de nous regarder toutes les deux, en regarder une seule suffit à savoir ce que fait l’autre.
Sur le chemin de l’école nous marchons à la même allure, même nos cœurs doivent battre au même rythme. Mystère ou secret ? Oubliez, un regard et nous savons ce que nous pensons, souvent les profs se demandent comment nous faisons pour avoir exactement les mêmes notes, au point que les soupçons de copies sont fréquents. Pourtant ce n’est rien de tout cela, c’est que nous avons le même raisonnement, les mêmes connaissances, normal que nos devoirs soient identiques.

« Elya ! »

Nous nous retournons. Qui est Elya ? Qui est Lyana ? Il y a des jours où nous l’oublions, plongées dans cette connexion sans nom qui nous empêche de nous différencier. C’est Jack. Où l’avions-nous donc déjà rencontré ? Nos regards se croisent, cherchant dans nos souvenirs. Puis nous nous en souvenons, un garçon de notre classe qui avait commencé à chercher à nous différencier. Comme s’il le pouvait, alors que nous même avions du mal ! Avec un air dépité devant notre réaction totalement synchronisé il nous rejoint, soupirant. Arrêtées, nous l’observons un instant en attendant ses paroles. Ne se laissant pas décourager il décide de continuer :

« Dis Elya, tu peux me prêter ta leçon de maths ? J’étais absent.
-Tu étais là toute la semaine, ne nous prends pas pour des idiotes. Autre chose à dire ? »

Mots prononcés à l’unisson, d’une voix identique et à l’intonation semblable. S’il croyait nous prendre à ce jeux-là il se trompait rudement. Sans même lui laisser le temps de continuer nous recommençons à marcher, avec ses imbécillités nous allons finir par être en retard en cours.
A l’entrée plusieurs se retournent en nous voyant arriver, certains nous prennent vraiment pour des animaux de foire et nous posent des questions juste pour le plaisir de nous voir répondre ensemble. Mais nous n’avons pas besoin d’eux, nous avons seulement besoin de nous, peut importe le reste après tout.

13,75/20
Contrôle de maths, notre note identique semble de nouveau ennuyer le professeur. Il ne semble ne pas comprendre, après tout nous sommes à l’opposée l’une de l’autre dans la classe, la copie est donc impossible. Encore un qui cherche à nous comprendre, encore un qui cherche à interpréter, c’est pourtant simple : nous sommes un, comme dans ces panneau publicitaire où il est écrit en gros « 2en 1 ! ». Mais à l’inverse, une personne en deux corps. Rien à comprendre, juste à savoir.

Avec son discours, sa scène sentimentale et ses ruses idiotes pour nous faire avouer notre méfait le prof nous a vraiment fait perdre notre temps. Les couloirs étaient déserts tandis que nous descendions les escaliers.
Nous tombons. Non, tu tombes. Mais qui est ce tu ? Est-ce moi qui tombe ? Non c’est l’autre. Tu te cogne contre une marche d’escalier et saigne, instinctivement je me regarde pour voir le sang couler. Non je ne souffre pas, mais tu souffres. Pourquoi le singulier ? Pourquoi ais-je du utiliser le singulier ? Tout s’embrouille, tout ce mélange. Moi, toi, nous, quoi penser ? Que faire ?
Je ne peux bouger, je ne peux me déplacer, je veux tomber à mon tour pour retrouver cette sensation d’identique. Je veux retrouver ce nous !
Personne dans le couloirs, c’est vrai que nous sommes en retard. Qui peux donc venir nous sauver ? Non, te sauver. Alors je suis intacte et toi tu souffres ? Je te vois évanouie de la chute, mais je ne ressens plus rien, où est-ce lien ? Je ne sais que faire, te voir non consciente alors que moi je le suis me sidère. Je dévale les escaliers pour te rejoindre en bas, je t’attrape, t’agite, te touche le visage en espérant que tu te réveille. Je veux retourner en haut des escaliers, tomber à mon tour, je ne veux pas être séparée de toi ! Mais je ne peux, je dois prévenir quelqu’un, pour que l’on te sauve.

Appeler quelqu’un… Mais qui ? Je ne connais personne d’autre que toi, qui sont ces autres qui ne nous intéressent pas ? Je ne bouge pas, je ne sais pas, je ne peux me séparer de toi. A observer ce visage qui est aussi le mien je suis bloquée, soudain je te vois bouger, rien qu’un petit mouvement qui me fait reprendre un peu mes esprits. Déjà je suis sortie de la salle des escaliers, je cours, je cours, sans réfléchir à la direction. Un surveillant ! Je m’arrêtes devant lui, je lui parle, non je lui crie, je n’arrive pas à contrôler ma voix si tu n’es pas là !

« Nous sommes… Non tu… Enfin elle est tombée ! Elle… Elle est évanouie, dans les escaliers, elle…
-Qui ça elle ? Bon sang parle normalement !
-C’est… Moi… Non… C’est… C’est elle, ma sœur, ma moitié, ma jumelle, elle est tombée ! »

Je ne sais plus, je ne sais rien, qui est qui ? Qui es-tu ? Qui suis-je ? Je ne sais plus, je ne sais plus…

« Montre-moi. »

Instinctivement je prend sa main et me remet à courir vers les escaliers, pourquoi lui ais-je pris la main ? Parce que tu me manques, quelques secondes sans ta présence et j’ai l’impression d’être seule. Nous arrivons sur le lieu, dire que j’utilise le nous alors que tu n’es pas là ! Avec désespoir je vois du rouge sur le sol, mais comment cette tragédie est-elle arrivée ? Je vois fugitivement l’autre composer un numéro sur son portable, moi je le lâche pour retourner près de toi. Dire que moi je souffre de ton absence alors que toi, inconsciente tu ne ressens rien…

« Les secours arrivent. »

Je ne l’entends pas, je ne l’écoute pas, je suis penchée vers toi, les yeux embués de larmes, que faire pour toi ?

« Elyana ? »

Le seul nom que nous nous sommes trouvées, mélange d’Elya et de Lyana. Tous nous appellent comme ça en ne sachant qui est qui. Je ne reconnais pas la voix de Jack, peut m’importe les autres, seul ton état compte, seule toi est importante ! Et les larmes coulent à flots, tandis que ton visage reste sec.

Soudain ils arrivent, en drôle de costume, ils m’écartent de toi pour t’observer, t’emporter. Je les suis, te perdre de nouveau de vue m’est insupportable. On me prend le bras, à travers mes larmes je vois Jack avec son visage soucieux. Il veut me retenir, ne se rend-t-il pas compte que j’ai besoin de toi ? J’essaye de me dégager mais il est fort, je crie vers toi :

« Lyana !! »

Je veux te suivre, je veux te rejoindre, et lui qui ne me lâche pas ! Je l’implore du regard, ma voix enrouée me fait honte, l’utiliser de nouveau me semble impossible. Je crois qu’il comprend, j’espère qu’il comprend. Il comprend.

Avec une vitalité que je ne lui connais pas il cours en m’emportant vers elle, nous arrivons juste à temps pour monter dans cette espèce de camionnette étrange, je ne prête pas attention aux regards des prétendus sauveurs, peut importe.

Nous roulons, tu ne bouges pas, Jack me tiens toujours le bras, et moi je pleure encore. Mes sanglots sont les seuls bruits que l’on peut entendre, je sens soudain mon corps basculer contre mon camarade de classe. Première fois que je m’appuie sur une autre épaule que la tienne… Et je pleure, je pleure…
Lyana.
Lyana…
Lyana !
J’ai retrouvé son prénom, j’ai retrouvé le mien, et ces mots martèlent mon esprit comme tant de coups à mon cœur.

Tu bouges ! Enfin je te vois ouvrir les yeux. Sans plus me préoccuper de Jack je me précipite vers toi, mes larmes arrêtent de couler face à tes yeux bleus. Mais mes mots, eux, se précipitent hors de ma bouche :

« Lyana ! J’étais si inquiète, j’étais si seule ! Je veux retrouver ce nous, nous allons le retrouver hein ? Tu ne vas pas partir hein ? Restes encore près de moi Lyana, on a besoin l’une de l’autre nous ? Ne pars pas ! Ne me laisse pas seule. S’il te plait. Je t’en supplie, fais que l’on soit toujours identiques, toujours ensemble. Toujours, toujours, toujours ! »

Nous nous regardons. Et ce nous réchauffe doucement mon cœur. Nous nous comprenons, nous savons. Non, tu me regardes étrangement, comme de la tristesse, comme de la pitié, comme de la peine. Non ! Soit toujours semblable à moi Lyana ! Ne me regarde pas avec ces yeux là ! Pourquoi ? Pourquoi faut-il que tout évolue et change ? Pourquoi ce monde ne pourrait-il pas arrêter de bouger pour nous laisser savourer l’éternité ?
J’empoigne ta main sans réfléchir, comprenant que notre complicité si précieuse vient de se fragiliser avec cet instant de séparation. Pourtant, je veux rester près de toi.

Si seulement nous pouvions n’être qu’Elyana.

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MessageSujet: Re: Vies éparses [Nouvelles]   Mar 31 Mar - 18:52

Parking de la Bredouille


Elle attendait, cette idiote. Elle espérait, la jolie Emilie.
Dans le parking désert, elle était debout, immobile, attendant un prince charmant qui ne reviendrais jamais.
18H dans le parking de la Bredouille normalement.
Une heure déjà qu'elle attendait, se disant à chaque fois qu'elle partait dans cinq minutes sans bouger d'un pouce. Dès qu'une voiture passait elle sursautait, la pauvre Emilie, avec le cœur gonflé d'espoir pour éclater de nouveau. On était en hiver pourtant, et il faisait un froid de canard, mais elle attendait quand même, l'Emilie solitaire.

« Didididouuuu. »

Elle se précipite vers son portable, notre chère Emilie. Et si c'était lui pour dire que le lieu de rendez-vous avait changé ? Oui, il l'attendait sûrement depuis des heures comme elle, se demandant ce qu'elle fichait, c'était le sms qui s'était perdu en route.

C'était sa mère. Pour lui demander de rentrer parce qu'ils allaient bientôt manger, et tant pis si Emmanuelle n'avait pas finit de lui graver ses disques. La pauvre femme ne comprit pas la peine qu'elle sentit dans la voix de sa fille. Elle comprenait rarement quelque chose d'ailleurs, par exemple elle était persuadée qu'Emilie n'avait jamais embrassé de garçon. Ah, si elle savait...

~~

« Calme-toi Emi, c'était juste un connard, juste un connard, t'as rien perdu dans cette histoire.
-Mais... Mais je l'aimais moi !
-Pas de mais ma jolie, c'était juste une aventure sans lendemain, tu le savais non ? C'était toujours lui qui t'appelait, tu connaissais même pas son nom de famille, et puis en plus il avait quel âge hein ? J'te dis il sortais avec toi juste parce que t'avais un gros décolleté le jour de votre rencontre. En plus tu m'avais pas dis qu'il se trompais de prénom quand il te parlais ?
-Mais je...
-Rah arrêtes de pleurer, arrête j'te dis. T'en trouveras un bien plus beau, un bien mieux. Oui un qui est super beau, super bête, et qui croit que tu chie de l'or. Alors arrête de pleurer, tu fais trop d'honneur au carrelage du bahut.
-M...
-Pas de mais j'ai dis !
-Merci. »

Qu'elle idiote cette Emilie. C'était ce que pensais Yu-Lin tout en consolant son amie inconsolable. Pourquoi fallait-il qu'elle aime ceux qu'il ne fallait pas ? Elle était jolie pourtant, tout le monde était d'accord, et puis super sympa, d'accord pas très futfut et parfois très blonde mais c'était ce qui faisait son charme. Ah, si elle le revoyait ce salop elle allait lui faire regretter d'avoir posé ses sales pattes sur Emilie !

~~

« Aaah Emilie, j'ai trouvé un copain mais... Il est trop bien quoi ! Tes yeux bleus pas croyable, tes cheveux noirs sublimes, et puis un visage... A tomber par terre !
-Julie, on a compris tu l'aimes ton coco. Mais j'veux pas être méchante mais Emilie est pas d'humeur d'entendre tes histoires de cœur de trois jours.
-Oooh, elle s'est fait plaquée ? Comment il était ton copain ? »

Elle releva courageusement la tête, la jolie Emilie. Enfin pas si jolie avec son teint blanc, son visage sans plus de maquillage, et ses yeux rouges d'avoir trop pleuré. Elle regarda Julie un moment, sans sembler comprendre la question puis finalement ouvrit la bouche :

« Il m'a dit qu'il s'appelait Thibaut, avec une superbe voiture grise. Un parfum cher qui nous envoie dans les étoiles. Un regard bleu qui fait rêver, des cheveux noirs et fins, un visage inspiré de ceux des anges. Il fumait, devait avoir la trentaine, et... et...
-Chuuuut Emilie, rah t'es trop accro toi. »

Et cette Julie, il a fallut qu'elle l'ouvre encore, pour enfoncer le clou encore plus, pour encore faire saigner le coeur de la pauvre Emilie.

« On dirait trop mon copain ta description. Il faudrait que je te le présente d'ailleurs. On se retrouve tous les jours, à 18h dans le parking de la Bredouille. »

Idiote d'Emilie, elle pleurait encore, elle aurait du s'en douter quand même. Il n'était pas du genre à déprimer pour une fille, il l'avait sûrement oublié depuis longtemps. Yu-Lin soupira, elle allait encore avoir le sweat trempé à la fin de la journée.

« Ah lalala Emilie. »

~~

« Bonjour Milie. »

La jolie Emilie stoppa net.
Elle était là la voiture grise, elle pouvait sentir le parfum cher à travers la fenêtre ouverte. Son sourire mystérieux qui lui avait tant manqué, il était de retour ! Après dix mois pendant lesquels elle avait reconstruit son coeur détruit le voilà de nouveau là, à lui ouvrir la porte passager.

« Thibaut... »

Elle oublia tout cette idiote d'Emilie. Les soirées à pleurer, les promesses de l'oublier, les résolutions de ne plus l'aimer. Avec un sourire lumineux elle s'avança pour entrer dans la voiture tant chérie.
Heureusement elle regarda la main gauche de son chauffeur, et y remarqua l'anneau doré. Cela la sauva. Certes elle allait encore pleurer, mais c'était mieux que souffrir d'avantage chaque jour.

Elle claqua la porte devant elle, serra les poings pour ignorer le regard implorant de son bourreau.

Demi-tour. Tant pis, tant mieux. Il fallait qu'elle aille chez Yu-Lin. Elle se mit à courir, la pauvre Emilie. Mais pas assez vite pour ne pas entendre ces mots déchirants qu'il n'avait jamais prononcé auparavant :

« Je t'aime ! »

Trop tard.

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MessageSujet: Re: Vies éparses [Nouvelles]   Mar 31 Mar - 18:53

Crapaud et Princesse


Je t’aime. Tu es belle. Tu es si belle. Tu es si jolie. Je t’aime de tout mon cœur. Je suis ton esclave à jamais. Mon cœur n’appartient qu’à toi. Tu es ma raison de vivre, le soleil de mes journées, les étoiles de ma vie. Tu es magnifique. Sublime. Divine. Belle. Craquante. Inoubliable. Eblouissante.
Ils le disaient tous, le répétait tous, aucune originalité. Vraiment elle en avait mare de tous ces gens identiques qui venaient crier à son balcon leur amour pour elle, combien de fois avait-elle du changer ses carreaux à cause de leurs cailloux indésirables ? Les pigeons c’est bien plus mignon, c’est trop bien élevé pour casser une vitre et puis… Ah mais non, les princes ça ne sait pas écrire, elle l’avait oublié. Et puis elle risquait de se retrouver avec des textes d’amours tirés de bouquins et dont il ne comprendraient rien, qu’elle désolation !

La princesse soupira, et même son souffle sentait les fleurs. Avec une grâce incomparable elle chassa une mèche de cheveu blond, son regard bleu azur remarqua alors un chat assis sur un banc. De son pas dansant elle s’en approcha, et avec un sourire doux elle se mit à caresser la petite bête. Apparition divine devant le regard émerveillé d’un prince passant par là, de nos jours on en trouve dans tous les coins de rues. C’est alors que l’être sublime se détourna de l’animal pour se tourner dans la direction du prince, les mains sur les hanches, les lèvres pincées et sa voix des plus agréables déclara sèchement :

« Bon t’as finis de mater ? Je t’ai montré une scène de rêve et tu crois que je vais continuer à être jolie pour toi ? Calmos le prince, alors soit tu me fous la paix soit tu me payes pour que je continue à jouer la princesse parfaite. »

Ah, ces princes tous des incapables. Dès qu’ils la voyaient un peu remontée, agressive, ou intelligente et ils fuyaient comme des lâches. Même pas un pour redresser l’autre. La brise caressa son visage fin et…

« DEGAGE SALE VENT !!! »

Ah des fois elle haïssait ses longs et soyeux cheveux blonds, ils lui fouettaient le visage à chaque coup de vent. En passant près du lac la jolie princesse se tenait les cheveux pour éviter qu’ils bougent. C’est alors qu’une voix l’interpella :

« Eh oh la princesse !
-Oh, un crapaud. Chic, tu veux un bisous c’est ça ?
-Comment t’as deviné ?
-Bah c’est connus, la princesse qui trouve un crapaud, elle l’embrasse et il devient un beau prince c’est ça non ?
-Ouais a peu près, je vois que t’es pas aussi blonde que t’en as l’air. Alors dépêches et embrasse-moi.
-Eh oh tu rêves ? Je ne vais pas embrasser une grenouille !
-Crapaud, pas grenouille. Et pourquoi pas d’abord ? Tu en as du embrasser des tas des mecs !
-Oui mais pas avec des pustules ! Et ils étaient pas verts et…
-Et oh, tu ne vas pas faire de la discrimination non plus ! Est-ce ce que je critique ta teinture ?
-Comment tu as deviné ?
-Ah ah ! Alors tu m’embrasses ?
-Non ! A tous les coups tu vas me coller pour te marier avec moi.
-Tu plaisantes ? Ca fait la troisième fois que l’autre sorcière me transforme en crapaud et je suis toujours célibataire.
-Bon bon, d’accord… Je vais essayer.
-Enfin un peu de bonne volonté ! »

Avec une grimace écoeurée la jolie princesse approcha le crapaud de son visage. Combien de temps resta-t-elle face à face avec la créature ? Elle hésitait, et si c’était contagieux ? Et si son visage s’emplissait de pustules ? Finit les cadeaux devant sa porte, finit sa collection de timbres grâce au lettres d’amours, finit les cris de rages de Blanche-Neige devant sa peau si douce. Trop de sacrifice pour quelque chose qui ne lui apportait rien… Impatient, le crapaud décida qu’il était temps de booster un peu les choses avec cette princesse superficielle. Aussitôt pensé aussitôt fait, il n’eu qu’à bouger de quelques centimètres pour toucher les lèvres de la jeune fille qui s’écarta juste à temps. Car à la place du crapaud apparut… Un jeune homme, brun, yeux verts, apparemment musclé mais… ce n’était en rien un prince ! Aucune couronne, des habits normaux, et des traits qui n’étaient en rien royaux !

Elle avait embrassé un roturier ! Un de ces bouseux ignobles qui embêtaient chaque jours monsieur son père ! Un grand sourire malicieux aux lèvres, le prince qui n’en était pas un quitta sa position de crapaud et se leva enfin, à présent face à face avec la princesse. Bon d’accord il n’était pas vilain, et puis pas banal, et puis il n’avait pas bondit en la voyant parler comme elle le voulait, et puis il avait de ces sourires…

« Alors, alors princesse ? On se marie ?
-Non ! Tu avais dis que…
-Alleeeez, j’en ai mare de courir les rues et de me transformer en crapaud.
-Je ne vois pas pourquoi j’accepterais. »

Et sur ces mots elle fit volte-face et commença à retourner vers le château, mais la main de l’ex-crapaud agrippa son bras pour l’arrêter. Autant vous dire que sa réaction fut immédiate :

« Ne me touche pas bouseux !
-Tu peux parler avec ta teinture de blonde ! Je vais te dire pourquoi on va se marier. Parce que tu ne trouveras jamais sur Terre un prince qui te convienne, si tu crois que je ne t’ai pas observé avant de te parler tu te trompes. Le banal t’ennuie, le romantisme aussi, tu recherches l’original que tu ne trouveras jamais dans le sang bleu. Moi je peux t’offrir des mots de moi, des pensées de moi, des idées de moi, rien de soufflé par un conseiller bien avisé. Je te promets des fugues pour découvrir un monde que tu ne soupçonnes pas, je te promets des jeux de réflexion qui te sortiront enfin de l’ennui, je te promets une vie où tu pourras vivre malgré ton caractère de cochon. Les gens spéciaux ne peuvent aller vers les gens normaux, tu le sais non ? »

Alors là, on ne lui avait jamais faites celle-là ! Elle était pétrifiée, et assez impressionnée. Rien qu’en l’observant il avait presque tout deviné d’elle, et venait de lui faire une déclaration des plus originales. Au fond il avait raison, elle ne trouverait jamais un prince capable de faire quelque chose de ses dix doigts et de son cerveau. Yeux bleus plongés dans des yeux verts. Après cette tirade ils restèrent un moment silencieux, échangeant un regard digne de tous les discours.

En un regard ils se racontèrent tout. Elle lui raconta toutes les absences de son père, l’ennui des cours de musiques, la monotonie des danses traditionnelles, son dégoût de ces princes trop serviles, sa mère ne cherchant qu’à bien la marier, son grand frère obsédé du pouvoir qu’il allait hériter, les livres qu’elle avait réussit à cacher dans sa chambre, ses escapades discrètes dans la cuisine pour les voir s’agiter à faire quelque chose d’utile et de bon.
Quant à lui il lui raconta les années de misères, la sorcière qui se plaisait à le transformer en crapaud, les cris des filles en le voyant arriver sous son apparence verte, les grimaces des princesses en voyant qu’il n’était pas prince, son père alcoolique, ses nombreux voyages pour enfin trouver quelqu’un de spécial, ses journées à observer cette princesse si étrange.
Suite à cet échange ils eurent tous les deux un sourire amusé, comme c’était étrange les rencontres du destin ! Ce fut elle qui brisa le silence en premier :

« Je veux bien te prendre à l’essai. Mais quel est ton nom, monsieur crapaud ?
-Norialo. Et toi, princesse effrontée ?
-Sinela.
-Enchanté, Sissi. »

La suite fut évidente pour leur esprit si spécial. Leurs lèvres se touchèrent de nouveau, en un baiser bien plus long et beau que le premier. Il n’y avait plus ni princesse ni crapaud. Ni riche ni pauvre. Ni femme ni homme. Ni Sinela ni Norialo. Il y avait juste un amour qui n’était même pas un coup de foudre, un amour sans feus d’artifices, un amour sans coucher de soleil, un amour tout simplement vrai et logique. Parce qu’ils se comprenaient. Alors qu’ils se séparaient le futur prince ajouta à son élue :

« Mais j’ai une condition.
-Quoi encore ?
-Que tu enlèves ta teinture dès que possible. »

Rire clair et franc, le premier depuis si longtemps.
Elle ne put faire que cela face à l’absurdité et le décalage de cette demande. Et au fond de son cœur, elle su que ce rire n’était rien face à la multitude qui allait suivre grâce à lui.

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MessageSujet: Re: Vies éparses [Nouvelles]   Mar 31 Mar - 18:54

Dernier souffle


Eau.
Eau qui s'infiltre. Eau qui s'insinue. Eau qui m'étoufe. Eau si froide. Eau qui fait fait si mal. Eau qui m'empêche de respirer.
Eau qui m'empêche de vivre.
Non !
Tant de liquide, tant de douleur, tant de désespoir.
Non !
Sans échappatoire, sans solution, sans vie.
Non !
Plus personne pour moi, je suis toute seule.
Non !
Non je ne veux pas mourir ! Mes larmes se confondent dans la mer, mes larmes de douleur et de désespoir. Je veux vivre, j'ai tant de choses à connaître et savoir, sauvez-moi ! Je me débats, je me bats, je combats, je fais tout ! Oui je promets de tout faire pour vivre mais venez, oui venez me sauver par pitié. Peut-importe qui, peut-importe comment, je veux revoir le soleil et le visage de ceux que j'aime. Je ne veux pas mourir ainsi, lentement et douloureusement, laissant mon corps au fond de la mer sans personne pour le récupérer. Jamais comme ça !

Mickael ! Mélanie ! Yu-lin !
Je veux tant vous revoir, je veux tant retourner en arrière, revivre ces instants que j'ai passé en étant heureuse. Ce rêve restera-t-il irréalisable ? Non ! Je les reverrais, tous, je leur sourirais, les embrasserais, les aimerais encore et encore, jusqu'à ce que je meurs de vieillesse. Mais pas maintenant, pas maintenant alors que je peux être plus heureuse que jamais, pas maintenant alors que tout est si beau autour de moi.

Combat acharné contre une mer imbattable.

Je respire ! Ma tête réémerge de sous la mer, emplissant mes poumons d'un air béni. Le bateau ! Où est le bateau ? Je le cherche du regard, ce bateau de croisière impossible à rater. Je ne le vois pas... Où est-il ? Non ils ne peuvent pas être partis sans moi ! Pas sans moi ! Revenez, réaparaissez, faites disparaître ce doute qui s'insinue en moi comme un poison ! Mais ils ne sont plus là, je vois à présent l'arrière du bateau au loin, me laissant seule... Toute seule...

Espoir déchu.
Espoir perdu.

Comme pour me convaincre de mon échec une vague s'abat sur moi et me fait replonger. Je ne me bats plus, je ne bouge plus, je ne sais plus... Dois-je encore me battre ? Dois-je encore essayer de survivre alors que tout est joué ? Je suis gelée, j'ai si froid ! Mon corps me fait si mal ! Un milliers de poignards d'eau et de froid me transperçent le corps et le coeur. Je ne peux plus rien, tout est finit... Tout... Et je ne peux même pas crier ma douleur dans cet environement liquide !

« Waaah, c'est trop beau ton dessin Juju ! »
« Et bien jeune fille, que dessinez donc-vous là ? »
« Juliette ? Eyh oh Juliette ! Ah c'est vrai tu dessines désolé. »
« Juju ! Tu as gagné ! C'est trop bien ! Tu as gagné le concours de dessin du collège ! »
« Félicitations mademoiselle, vous entrez dans l'école des Beaux-Arts. »
« Tiens, alors c'est toi la boursière ? Il parrait que tu dessines super bien, tu me montres ? »
« Juliette ? Heu... Tu sais... Non rien... Enfin si ! Je t'aime... »
« Tu crois que tu va réussir Juliette ? Tu sais ça va être dur de réaliser ton rêve. Remarque je suis sure que tu réussiras. »
« Jujuuuuu, c'est vai alors ? Vrai de vrai ? Tu es enceinte ? »

Et leur sourire. Leur sourire qui me revient, comme revient le boomerang. Mes cheris, mes amours, mes coeurs. Pourrais-je au moins me souvenir d'eux ? Amis, mari, enfant, je veux ancrer ce souvenir dans mon coeur.

Je ne ressens plus rien, mon corps chute juste vers le fond. Et comme si la mort m'avait déjà happée je me sens bien. Je vois les poissons, je vois l'eau, je vois tant d'autres vivre une vie que je n'ai plus. Ah qu'ils sont chanceux ces êtres, et en les observant ainsi j'ai une furieuse envie de prendre un papier et un crayon et de les dessiner, dans cet état de plénitude qui m'emplit. Je suis resignée, je vais mourir. Je suis d'accord pour tout abandonner... Non ?

NON !
Vivre, vivre, vivre ! Laissez-moi vivre encore un petit peu, rien qu'un peu. Je veux, je le veux tant ! Quelques secondes, quelques uniques secondes ! Rien de plus, suis-je si exigente que cela ? J'ai été gentille toute ma vie, j'ai été généreuse, j'ai été clémente, j'ai mené une si belle vie, mais elle m'est retirée... Pourquoi le monde est-il si injuste ? Laissez-moi vivre ! Je veux être heureuse, juste heureuse...





« Dis maman, tu ne partiras jamais loin de moi hein ? Je veux que tous les soirs tu me souhaites bonne nuit, et que tous les matins tu me dises bonjour.
-Bien sur ma chérie, je te le promets. »
Et dans la cabine du bateau, une petite fille attend encore que sa maman si jolie pousse la porte pour lui souhaiter une bonne nuit.

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Dernière édition par Miyoki Yuitsu le Mar 31 Mar - 18:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vies éparses [Nouvelles]   Mar 31 Mar - 18:55

Rencontre en train


    Avez-vous déjà rêvé éveillé ?
    Avez-vous déjà vu un ange sur terre ?
    Avez-vous déjà aimé une illusion ?
    Moi, oui.


A Bordeaux il y a ma mère, et à Toulouse il y a mon père. Et oui, parents divorcés. Je ne m’en plains pas, je passe la semaine avec mes amis à Bordeaux et les week-ends et la moitié des vacances je suis à Toulouse. Pas compliqué non ? Je dois prendre le train à chaque fois, mais comme ça je peux regarder les gens, car les gens sont passionnants. Je me délecte des comportements et des aspects, de ceux qui veulent paraître mais qui affichent si facilement leur identité. Je dévisage discrètement les visages : les grands et les petits, les nez épais ou en trompette, les doubles mentons, les anorexiques. Ils sont tous là sous mes yeux, à bouger et évoluer sous mes yeux critiques. Tout en me plaçant près de la fenêtre je sors le vieux MP3 que ma mère a enfin accepté de m’acheter, cliquant sur une chanson un peu au hasard.

J'crois que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train
Et quand j'vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare ?
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard ?


Après tout ce qui m’importe ce sont les voyageurs, qui donc sera à côté de moi ? Les gens commencent enfin à arriver lorsqu’elle apparaît.

Les trains démarrent souvent au moment où on s'y attend le moins
Et l'histoire d'amour t'emporte sous l'oeil impuissant des témoins


Elle.
Dès que je la voie je la dévisage, cet être étrange qui se dévoile devant mes yeux. Cheveux châtains, yeux verts, assez mince, taille moyenne, sac modeste pour un vendredi soir. Mais ceci ne sont que des informations, dès que je l’aperçois je remarque bien ses yeux apeurés, sa main serrée sur sa bandoulière. Elle inspecte le wagon, cherchant une place sans risque. Je ne connais pas cela, pour moi aucune place n’a de risque, je les juge par passagers intéressants. C’est ainsi qu’enfin elle pose les yeux sur le pauvre mec que je suis. Elle s’approche près de moi, s’assoit face à moi.
Nous ne nous sommes pas quittés du regard dès le premier instant. Peut importe à présent le ridicule bonhomme en costume, tant pis pour la femme trop maquillée et aux lèvres pincées. Il n’y a plus qu’elle, et de ses émeraudes scintillantes je peux tout savoir.

Dans les premiers kilomètres tu n'as d'yeux que pour son visage
Tu calcules pas derrière la fenêtre le défilé des paysages
Tu t'sens vivant, tu t'sens léger et tu ne vois pas passer l'heure
T'es tellement bien que t'as presque envie d'embrasser le contrôleur


Elle a peur, elle est inquiète. Elle s’est assise face à moi pour mon âge, et puis à cause de nos regards qui se sont croisés. Elle veut du réconfort, elle veut de l’aide, elle est perdue et ne sais que faire. Et moi je veux l’aider, je ne sais même pas pourquoi. Je veux la faire se relever, se redresser, je veux apercevoir au moins une fois dans ma vie le sourire sur ce visage.
Si c’est cela un coup de foudre, on m’a bien embobiné. On m’a dit que c’est que dans les livres et que je n’y est pas. On m’a dis que de nos jours ça n’existe pas, que quand ça dure c’est à cause de l’ennui. Y a aussi les vieux ou les jeunes parents qui disent qu’après l’enfant tout va mieux, que le couple se réunit, se solidifie. Mon œil oui, si c’était le cas je ne serais pas là.
Car j’ai appris à ne pas y faire attention, à ces fous qui croient me connaître et qui se trompent souvent. Je crois ce que je vois, et ce qui est devant moi n’est pas ce qu’on m’a dit. Cet ange compact qui a plongé les pierres précieuses de ses yeux dans les miens, demandant une aide que je ne connais pas.

Mais j’essaye tout de même, et du regard je lui raconte tout. Je lui raconte le train, je lui raconte les gens, je lui raconte la vie, je lui raconte ma vie. Je lui parle de cet idiot qui est moi, qui ne sait rien faire de ses dix doigts. Et puis de mes parents qui ne savent pas quoi faire de moi eux aussi. Je lui dis que rien n’est grave, que rien ne compte, que tout ce qu’il faut c’est encaisser et observer. Il suffit de me regarder, j’en ai vus des malheurs passer sous mes yeux, et pourtant je suis toujours là à attendre mon heure.

Il y a toujours une vie pire que la tienne, même si ce n’est peut-être pas la mienne. Il y a toujours des hauts et des bas, des gauches des droites, des pêches et des poires, des râteaux et des pelles. Tu vois bien, tu étais perdue et apeurée, à présent je suis là pour t’expliquer. Mais si, écoute-moi, ou plutôt regarde-moi. Je suis là juste en face de toi, à te raconter tout ce qu’il y a à savoir. Alors maintenant souris et ris, montre-moi cette joie que je n’ai jamais put voir.

Et le train ralentit c'est d'jà la fin d'ton histoire

Qu’arrive-t-il ? Pourquoi est-ce que je sens soudain que tu vas partir ? Alors que l’engin freine tu me souris enfin, d’un sourire triste qui me déchire le cœur. Ce n’était pas ce sourire que je voulais.

Dans son agenda sur ton nom, elle va passer un coup d'tipex

Tout s’arrête. Tu te lèves, les yeux dans les miens. Tes lèvres un instant sur les miennes, nos gouttes de tristesses se mêlent doucement. Ce n’était pas ce baiser que je voulais.

Il y a ceux pour qui les trains sont toujours en grève
Et leurs histoires d'amour n'existent que dans leurs rêves


Et tu t’en vas. Et je reste. Ta main s’est desserrée sur la bandoulière, tes yeux n’ont plus peur de regarder les gens. Ce sont maintenant les gens qui ont peur de nous regarder, avec nos yeux rouges d’avoir pleurés.

Je ne sais pas ce qu’il nous a pris, de se rencontrer ainsi. Combien de temps cela a-t-il duré, cette connexion sans nom qui nous a relié ? Le Dieu n’aurait pas du y mettre son nez, dans cette histoire prédestinée. Cela n’aura servit qu’à nous faire trop pleurer, sauf à peut-être la faire vivre un peu mieux.

Que disait ce philosophe déjà ? Encore un fou qui avait trop bien raison. D’après lui jadis, nous vivions tous attachés dans le dos. Mais un jour nous nous sommes séparés, et à présent nous recherchons à jamais notre moitié. Finalement je l’ai trouvé, cet incroyable ange déchu. Malheureusement je l’ai perdu tandis qu’elle s’envolait.

Y parait qu'les voyages en train finissent mal en général
Si pour toi c'est l'cas accroche-toi et garde le moral
Car une chose est certaine y aura toujours un terminus
Maint'nant tu es prév'nu, la prochaine fois tu prendras l'bus...

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MessageSujet: Re: Vies éparses [Nouvelles]   Mar 31 Mar - 18:56

Vie à rebours


    Quinze quatorze treize


« Attends Maman j’arrive !
-Ca fait combien de temps que tu me dis cela ? Je suis pressée Ali !
-Oui ouiiii. Je suis lààà.
-Ah bah enfin. »
Face au regard courroucé de sa mère, Alice fit un grand sourire pour essayer de faire passer l’attente. De toute façon sa mère n’arrivait jamais en retard, quitte à perdre tous les points de son permis, elle pouvait donc se permettre un peu de marge.
« Qu’est ce que tu faisais encore ?
-Je mettais mes chaussures. »
Mensonge. Elle était en train de regarder son tableau inachevé en se demandant quand elle pourrait le terminer. Mais si elle le disait à sa mère elle allait encore crier, comme quoi elle devrait arrêter de peindre si cela devait la mettre en retard. Et ça jamais ! Plutôt mourir ! Et toujours avec son grand sourire la jeune fille monta à l’arrière de la voiture. Elle ne montait jamais à la place passager. Son père était mort dans un accident de voiture, et il était à la place passager.

    Douze onze dix


Après une bise retentissante sur la joue de sa mère pour se faire pardonner, Alice sortit de la voiture et courut vers le portail de l’école, alors que le surveillant était en train de le refermer.
« Attendez ! »
Comme toujours elle arriva juste à temps, heureusement que sa voix portait ! Elle fit de nouveau un grand sourire au surveillant pour s’excuser, mais elle savait très bien qu’elle n’était pas la seule à faire cela, elle ne faisait rien de grave. Elle rejoignit son rang alors que la silhouette du professeur apparaissait, de toutes façon les profs arrivaient toujours en retard, elle pouvait bien l’être un peu elle aussi. En rejoignant ses amies dans les escaliers, elle fit un sourire à François, qui la regardait comme d’habitude. Elle se sentait puissante, elle se sentait vivante, elle se sentait intouchable. Et cela la fit sourire encore.

    Neuf huit sept


« Ali, tu viens ?
-Oui oui j’arrive Fanfan. A demain les filles ! »
Encore une fois elle rentrait à la maison aux côtés de François. Son ami d’enfance, son meilleur ami et… qui sait, son futur petit ami ? Elle y réfléchissait encore, était-elle prête à passer le cap avec lui ? Et si c’était trop tôt ? Et si en vérité ils n’étaient qu’amis pour le moment ? Ah, après tous ils avaient le temps, ils avaient toute la vie devant eux. De toute façon elle était sure de pouvoir rester à côté de son Fanfan pour toujours, c’était leur destinée, elle le savait.
« Ali ?
-Hmm ?
-Tu as réfléchis à ma… proposition ?
-C’est ce que j’étais en train de faire.
-Et ? »
Il la regardait avec des yeux implorants, de si beaux yeux… Mais elle ne savait vraiment pas, oui vraiment elle hésitait. Et si…
« Tu peux me laisser encore un peu de temps Fanfan ?
-… Oui bien sur.
-Merciii. »
Elle lui fit un sourire reconnaissant, pour lui faire comprendre qu’elle était désolée du temps mis, mais qu’elle faisait de son mieux. Enfin ils s’arrêtèrent devant chez Alice, elle tendit les bras vers son ami, les yeux lumineux, elle adorait le câlin qu’il lui fait toujours avant qu’ils ne se séparent. Enfin, seulement lorsqu’il n’y avait personne dans la rue.
« Non. »
Elle abaissa ses bras, étonnée. Pourquoi la regardait-il avec des yeux si froids ? Elle ouvrit la bouche pour protester et questionner, mais il parla avant elle.
« Pas tant que je n’aurai pas ta réponse. »
Et il partit. Laissant Alice seule face à sa porte, totalement désorientée. Pourquoi ? Pourquoi alors qu’ils avaient toute une vie devant eux ?

    Six cinq quatre


« C’est trop Alice !
-Mais j’arriiiiiiveuuuh. »
Pour une fois qu’elle mettait vraiment ses chaussures ! Elle ne pouvait pas attendre un peu cette maudite mère ?
« Non. »
Alice s’arrêta net dans son action, elle sursauta au son de la porte qui claquait. Pourquoi avait-il fallut que sa mère lui rappelle encore les mots de François la veille ? Et puis c’était quoi cette idée de faire semblant de partir sans elle ? En soupirant la jeune fille finit par mettre son sac sur ses épaules, dévala les escaliers et sortit pour aller rejoindre sa mère dans la voiture… qui n’était plus là.
Avec sidération elle observa la place vide en face de chez elle. Mais pourquoi le monde était-il aussi injuste avec elle ces temps-ci ? Elle soupira de nouveau et commença son voyage à pied, elle aurait bien appelé François pour qu’ils fassent route ensemble mais c’était impossible, pas alors qu’elle n’avait toujours pas décidé. Une fois il avait vu la mère d’Alice passer en voiture et avait rejoint son amie sur le chemin, mais il ne le referait alors qu’elle ne lui avait rien dit. Qu’elle plaie !
Qu’allait-elle faire en le recroisant ? Faire comme avant ? L’ignorer ? Se comporter juste en amie ? Lui avouer…
Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas le camion arriver. Ni le corps de Fanfan l’attraper.

    Trois deux un


Elle se réveilla à l’hôpital, il y avait pleins de trucs autour d’elle, des fils aussi, des machines bizarres. Il y avait un masque devant sa bouche, qui faisait un bruit étrange. Et puis elle n’arrivait plus à bouger ses jambes. Elle voulut crier, mais rien ne sortit de sa bouche. Elle essaya encore, elle voulait crier à l’aide ! Il n’y avait personne dans la chambre d’hôpital ! Mais ses efforts ne faisaient que lui donner le tournis, et la buée des larmes retenues flouait sa vision. Enfin elle vit quelqu’un en blouse blanche entrer et se mettre près d’elle. Elle entendit distinctement ses mots.
« Bonjour Alice, tu ne peux plus parler, mais tu pourras remarcher bientôt. C’est ton ami qui a tout pris. François je crois. Je suis désolé de tout cela, mais heureusement que tu es en vie.»
Non.
Non !
Voilà qu’elle avait perdu son temps, ce temps qui lui était nécessaire, ce temps qu’elle avait tant gâché ! Comment le dire à son Fanfan maintenant ? Comment ?
Elle vit son sac au bas de son lit. Elle ne réfléchit pas, elle plongea. Elle tomba du lit. Les fils se détachèrent. Le masque partit.
Elle était libre !
Elle fouilla son sac, déchira une feuille de papier et prit un stylo dans sa trousse qui se vida sur le sol.
« Alice ! Arrête ! Alice ! »
Comment osait-il l’appeler par son prénom ? Ce médecin ne la connaissait pas ! Tant pis si elle avait mal, tant pis si elle avait du mal à respirer, tant pis si ses jambes étaient inertes sur le sol, tant pis si elle ne pouvait insulter l’homme à voix haute. Tant pis pour tout, peut lui importait, tout ce qui comptait était partis.
Elle se dégagea des bras qui cherchaient à la retenir, à la rebrancher, à l’empêcher de faire ce qu’elle devait faire.

Les larmes coulaient de ses yeux au papier, faisant un peu baver certaines lettres. Les mots qu’elle ne pourrait jamais dire s’amoncelaient sous ses lèvres, se poussaient, se bagarraient pour passer. Mais ils ne pouvaient plus, ces mots depuis toujours enfermés n’avaient plus de raison de sortir. Maintenant qu’il n’était plus là.
Elle voulait tellement l’aimer.
Elle voulait tellement voir son sourire.
Elle voulait tellement se regarder dans ses yeux.
Elle voulait tellement être près de lui.
Elle voulait tellement l’embrasser.
Encore et encore.
Par delà la vie et la mort, puisque ce dernier était si près. Il n’existait plus, et puisqu’il n’existait plus alors elle n’existerait plus.
« Tu vas te tuer Alice ! »
Tant mieux.

    Zéro…

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