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 Nous t'attendions | Lain

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Miyoki Yuitsu

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MessageSujet: Nous t'attendions | Lain   Sam 21 Mar - 12:31

Margaux a encore pleuré aujourd’hui.

« Tu m’entends petite souris ? »


Il a plut la veille.

« Comment vas-tu ? »

Nous sommes dans un cimetière.

« Je sais bien cela, mais je n’y peux rien. »


Pourtant, personne n’est mort.


« Et oui, nous sommes tous vivants ici. »

Miyoki sourit légèrement à la petite souris. Elle est accroupie, observe encore le cadavre, attendrie, puis tourne la tête vers un point au loin.

« Il est en retard. »

Personne n’est en retard.

« Tu as raison, il n’est juste pas à mon heure. »


Un chien aboie, au loin. Aussitôt, le regard de la jeune fille s’éclaire et elle aboie à son tour, dans une parfaite imitation de l’animal. Puis, elle regarde encore sa souris, qui, elle, ne bouge plus. Alors, elle se relève. Elle est plutôt grande pour son sexe, ou alors c’est sa magnifique robe immaculée qui donne cette impression. Malgré la terre mouillée, la boue, ainsi que l’herbe haute, sa tenue est toujours aussi blanche. Sa peau aussi est blanche, mais moins qu’à son arrivée, à présent il lui arrive souvent d’aller dehors. Dans son monde, elle ne quittait jamais le temple et il y avait trop de bruit dans les jardins. Julia, elle, adorait aller voir les plantes. Mais les plantes ennuient Miyoki. Elles ont toutes le même Destin, alors que Miyoki aime tellement jouer avec ! Elle fait quelques pas, dévoilant des pieds nus sous sa robe, étrangeté même. Son professeur, au début, voulait qu’elle se chausse. Mais devant l’imperméabilité de son élève face à ses remarques, il avait abandonné.

La Prophétesse observe les restes de pierre tombale, perplexe. Elle détaille les mots, observe les dalles, compte les années. Ils sont tous morts il y a longtemps, il n'y a plus de fleurs, les tombes sont souvent pleines de mousses. Où mettent-ils les morts à présent ? Ils les cachent ? Veulent-ils faire croire que personne ne meurt et que la mort c'était avant ? Ils prennent vraiment les élèves pour des idiots, remarque, cela marche peut-être. Comment peut-on croire que la mort ne peut pas nous atteindre ? C'est absurde. Même les Dieux meurent, après tout. Et les Moires ? Meurent-ils aussi ? On dirait que non. Mais pourquoi ? C'est affreux. Elle aimerait les tuer, juste pour corriger cette infamie contre le Destin.

Elle choisit de s'asseoir la tombe d'un inconnu, dont même elle ne sait pas qui il est. Elle aurait préféré une tombe habitée, mais elle a un rendez-vous important, elle n'a pas le temps de se pencher sur leur Destin pour le moment. Ainsi, elle attend, le regard au loin, attentive au moindre signe. Parfois, elle observe le corps éventré de l'animal à ses pieds, les yeux vides, les tripes se répandant sur le sol, plus aucun sang ne coule. Le cadavre est nauséabond, laid, avec des vers dedans, et pourtant Miyoki le regarde avec douceur. Elle arrête sa contemplation, se tourne vers la forme qui arrive vers elle. Son visage froid s'anime d'un sourire sans vie, presque triste. Lorsque l'intrus est assez près, la douce voix s'élève, comme une brume.

"Bonjour Lain, nous t'attendions."

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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Sam 21 Mar - 13:27

Lost child

Lain regarda autour de lui. Depuis combien de temps marchait-il? Pourquoi était-il encore une fois sortit du domaine de l'université? Autour de lui, l'atmosphère semblait brumeuse, bien qu'aucun brouillard ne soit levé, la réalité se faisait incertaine à ses sens, rien ne lui semblait plus sûr. Il réfléchissait. Et plus il réfléchissait, plus il avait peur de ce nouveau monde, plus il s'y sentait perdu. Rien ne semblait logique, on lui parlait d'un langage incompréhensible et même son propre corps ne lui obéissait plus depuis qu'il ne prenait plus la Pilule. Il fallait avouer que la sensation de perte de contrôle était hallucinante.


Everything is out of control


Et le voilà qui marchait depuis des heures et des heures, peut-être plus. Il était parti à l'aube (à l'heure où blanchissait la campagne) et avait traversé le domaine de long en large sans vraiment y penser. Il pensait à tout sauf à ce qu'il faisait. Ainsi était-il arrivé ici, errant sans but et sans repos et tentant de trouver une logique quelconque à laquelle se raccrocher dans ce monde de fous. Hélas, plus il réfléchissait, plus il se trouvait lui-même, centre de ce monde, illogique et incontrôlable... Il était de plus en plus inquiet...
Mais quitte à être illogique, autant tenter de comprendre. Mais par quoi commencer? Par où commencer? Y avait-il réellement quelque chose à comprendre? Que quelqu'un l'aide...


Everything is Vain


sans vraiment s'en apercevoir, le garçon était arrivé aux porte d'un cimetière. Cimetière, il avait entendu le mot peu de temps auparavant, qu'était-ce? Il n'avait pas osé demander, tout le monde semblait savoir, pourtant, ces pierres alignés aux formes diverses surmontés d'herbes folles et de fleurs fanées ne semblaient pas avoir de signification concrètes... Qu'était-ce?
Lain s'avança, l'athmosphère de l'endroit était vraiment étrange... Sombre... On aurait presque pu y déceler une absence de vie... Mais c'était stupide, bien entendu, la vie était partout...
Quelques secondes après avoir passé l'entrée, il remarqua la fille. Tâche pure immaculée dans cet endroit où semblait régner en art et maître le désordre et la rouille. Il s'avança doucement vers elle. Que faisait-elle ici? Assise sur une des pierres, quelque chose lui disait qu'on ne faisait pas ça, habituellement...


"Bonjour Lain, nous t'attendions."

La voix s'était élevée, presque iréelle tant elle touchait la réalité sans vraiment l'altérer. Lain jeta instinctivement un coup d'oeil autour de lui, "nous" ? Il n'y avait pourtant qu'eux deux et un petit animal par terre... Que lui avait-on fait? Lain fixa avec intêret les choses étranges qui lui sortaient du corps, qu'avait-on fait à cet animal?
Il reporta son regard sur la jeune fille. Parlait-elle de la petite bête et d'elle même en disant " nous"?


" Vous n'étiez pas seule?"


Et... Et comment connaissait-elle son nom? C'était impossible, on lui aurait donné? Mais seul Kaoru le connaissait, pour le moment... Il la connaitrait?
Le trouble du garçon était perceptible, bien que son visage garda encore son stoïcisme d'antan.


" Qui êtes-vous"?


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Miyoki Yuitsu

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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Jeu 26 Mar - 19:26

« Je ne suis jamais seule. »

Tant qu’elle aura ce don, tant qu’elle pourra voir le Destin, elle ne sera jamais seule. Jamais. Car ainsi, elle côtoie le passé, le présent et le futur, ainsi, mêmes les gens à jamais oubliés lui reviennent.

« Nous ne sommes jamais seuls. Juste que vous ne le remarquez pas. »

Elle l’observe, droit dans les yeux, sans sourire, le regardant juste. Pourtant elle ne semble pas le voir, ou peut-être qu’elle le voit trop bien… Elle regarde à travers lui, à travers le nom, à travers la question, sans aucune pudeur. Elle devrait pourtant, mais elle ne s’en occupe pas. Elle a vécu dans un monde où son don était une bénédiction, elle ne comprend pas ceux d’ici, qui prennent cela pour une malédiction. Enfin si, elle les comprend, elle les comprend même trop bien, mais bon, elle a ses habitudes, elle les garde.

Qui êtes-vous ?

Lui aussi lui avait posé cette question la première fois, lui aussi avait eu l’instinct de la vouvoyer. Peut-être pas pour les mêmes raisons, ni de la même façon, mais c’est tout de même similaire. Pourquoi le Destin lui donne-t-il toujours les mêmes épreuves ?

La jeune fille descend du haut de la pierre tombale, retombant sur ses petits pieds nus. Puis, comme un rêve, elle s’approche de Lain. Face à lui, elle approche son visage du sien, comme pour le forcer à la regarder dans les yeux. Alors, elle murmure, doucereuse :


« Je suis Miyoki Yuitsu, élève à Vita depuis deux ans, dernier cycle, présidente de la Société de Divination. Mais, est-ce véritablement ce que tu désires savoir, Lain ? »

Ses yeux d’ambres sont curieux, insistants, comme cherchant quelque chose de précis dans ceux, ternes, du pauvre garçon. Beaucoup sont aussi surpris que lui lors de leur première rencontre avec elle, sinon plus. Comment ne pas l’être avec quelqu’un connaissant votre nom, ainsi que d’autres choses étranges, semblable à un fantôme et avec des yeux hypnotisant ? C’est pourquoi on la traite de folle ou de fille bizarre. On essaye de nier qu’elle soit au dernier cycle, ainsi que ce qu’elle dit est toujours vrai. Il y en a beaucoup ici, des magiciens, mais aucun ne vient vous dire ce qu’il sait d’intime sur vous. Comme ce jour où elle a parlé au chef des Sans-Cycles…. Mais cela n’est pas la question, ni le moment de raconter cela. Car la Prophétesse n’a pas terminé de parler, pas encore. Car sa voix de brume s’élève encore :

« Et toi, Lain, qui es-tu donc ? »

Même si elle semble connaître la réponse, elle pose la question. Et un doux sourire anime alors son pâle visage.

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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Sam 28 Mar - 19:50

« Je ne suis jamais seule. »

Absurde, tout le monde est seul un jour où l'autre... Peut-être était-ce une chose qui en signifiait une autre, beaucoup de gens faisaient ça, ici... C'était une coutume un peu stupide, pourquoi faire ça? Pourtant, elle semblait sérieuse, bien que sérieuse ne soit pas vraiment un mot pour la définir... Elle semblait... Irréelle. Pourtant, elle était bien là. C'était une sensation étrange...


« Nous ne sommes jamais seuls. Juste que vous ne le remarquez pas. »

Encore plus absurde, mais ça ne semblait pas être un sarcasme... Et quelque chose lui disait qu'elle ne le vouvoyait pas vraiment, qu'elle parlait à quelqu'un d'autre, en même temps... Y avait-il autre personne présente? Non, personne, ici... Personne dans cette brume compacte qui semblait les avoir entouré, la sensation lui rappelait celle qu'il avait ressenti en quittant l'Identique... L'impression de ne plus être au même endroit au même moment ou dans le même état... Cette jeune fille était au centre de cette sensation, il le savait. Et il n'arrivait plus à en détacher les yeux, pris d'un irrésistible intérêt mêlé de terreur.
Elle se leva, on l'aurait dit si légère... Existait-elle seulement? N'était-elle pas qu'un fantasme né de son désarroi, un concentré de toute son incompréhension? Elle sembla léviter jusqu'à lui, leurs visages s'approchèrent jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres, Lain fut pris à nouveau par cette fascination étrange pour son visage et ses yeux, il ne pouvait détourner le regard, comme pris au piège. Même la peur qui lui tordait le ventre ne pouvait le faire s'enfuir et il savait étrangement que, même s'il l'avait voulu, il n'aurait pu en détacher les yeux.
Pourtant, ces mêmes yeux étaient, en ce moment même, déformés par la peur et l'incompréhension.


« Je suis Miyoki Yuitsu, élève à Vita depuis deux ans, dernier cycle, présidente de la Société de Divination. Mais, est-ce véritablement ce que tu désires savoir, Lain ? »


Ces informations élémentaires semblaient tellement pâles à côté des questions qu'il se posait... Tellement... Inutiles. Miyoki Yuitsu... Dernier cycle... Divination... Il ne connaissait pas ce dernier mot, mais, étrangement, son insatiable curiosité s'était tue... Oui, il voulait savoir autre chose... Mais il ne savait plus quoi. Il était profondément troublé.
Cette fille ne pouvait être que psychiquement atteinte, lui soufflait sa part rationnelle, elle tenait des propos sans aucun sens, elle parlait trop étrangement...
Mais l'autre part, celle qui s'était réveillée depuis qu'il n'avait plus pris la Pillule, la part de mystère, la part qui ne pensait pas avec des carrés de pierre mais avec des cercles de mousse, l'autre part lui disait que cette fille n'était pas folle... Qu'elle était même moins folle que tout ceux qu'il avait vu jusqu'ici.
Pas un mot ne sortit de sa bouche, un moment durant, il n'entendit plus que son souffle et le sien (très faible, d'ailleurs), il lui sembla même percevoir son rythme cardiaque.
Puis, comme dans un rêve, elle reprit.


« Et toi, Lain, qui es-tu donc ? »

Une seule réponse possible, un seul échappatoire, de toute façon, il ne pouvait pas mentir... Elle le saurait, elle savait qu'il était Lain et il savait qu'elle savait aussi qu'il était du deuxième cycle et qu'il n'appartenait à aucune société. Pourtant, une étincelle en lui se réveilla, l'étincelle d'humanité, là encore.
Une étincelle de défi.


" Vous le savez, non?"


Étrange défi en vérité. Et bien piètre résistant, mais c'était la seule chose qui lui donnât l'illusion de résister encore un peu à la puissance du savoir absolu que la jeune fille exerçait.


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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Mer 8 Avr - 14:49

Son sourire disparaît. Ses fins sourcils se rapprochent un peu de ses yeux. Ceux-ci deviennent soudain sévères. Elle a l’air mécontente. Pourtant, son visage n’a presque pas changé. Pourtant, même ainsi, elle ne semble pas réelle. Elle ne semble toujours pas ressentir vraiment, elle ne semble pas vivre. Elle s’écarte de lui. Comment cette simple phrase a-t-elle agit ainsi sur elle ? Elle le dévisage encore, puis se retourne, jetant un regard à la souris, aux tombes, à tout ce qu’elle regarder d’autre que les autres. Elle lui tourne le dos, ne le laissant pas voir combien son regard est perdu, combien elle est loin, combien, soudain, le Destin s’agite.

Avant, elle n’avait pas peur des changements. Elle n’avait pas peur lorsque les fils changeaient de place. Lorsque son paysage se modifiait, pour lui faire affronter une autre réalité. Mais depuis quelque temps, son corps se serre, son cœur se tord, soudain son regard s’emplit de terreur. Pendant un instant, elle devient réelle, réelle de peur. C’est impossible… Impossible qu’elle ait peur de ce pour quoi elle a été faite. Impossible… Pourtant, dès qu’elle sent son monde vaciller, elle a une furieuse envie de fermer les yeux. Elle ne veut plus savoir, elle ne veut plus connaître. Que la Vérité aille ailleurs. Elle veut être comme les autres, elle veut chercher elle-même, elle veut avoir sa propre vérité. Juste ça. Une vérité illusoire qui change à chaque instant. Des promesses qu’on croit pouvoir tenir, alors que c’est faux. Alors que le Destin leur crie à la figure que c’est impossible.

Mon Dieu, si tu existes, laisse-moi ignorer ce qu’il ne faut pas que je sache.

Enfin, elle se tourne de profil, jetant un regard terne et triste vers Lain. Il ne le sait pas, il ne doit pas le savoir, que pendant un instant la jeune fille était pétrifiée à l’idée de savoir ce qui allait apparaître. Mais là, à présent, elle est redevenue irréelle. Le Destin est redevenu stable. Alors, à présent un peu plus loin de lui, mais toujours aussi éloignée, elle répond.


« Non, Lain. Je ne le sais pas. Je le sais juste un peu plus que les autres. Tiens peut-être un peu plus que toi… »

Son sourire devient malicieux, cette possibilité l’amuse visiblement. Mais toujours loin, comme si son corps ne lui appartient plus, comme si ce n’est pas vraiment elle qui sourit. Comme si, pour se protéger, elle s’est mise loin d’elle-même. Bien loin de son Don qui lui faisait tant peur. Pour que personne ne sache, pour que personne ne puisse imaginer qu’elle ait peur de la Vérité. Qu’elle ait peur d’elle-même.

Sa voix trouve un peu de vie lorsqu’elle demande :


« Et si nous te cherchions ? »

Elle décolle alors, se retrouvant vite juste derrière le jeune homme. Ses mains blanches se posent sur le dos du pauvre garçon, le poussant en avant, tandis que son souffle froid se glisse dans son cou.

« Allons-y. »

Elle l’entraîne ainsi jusqu’à la tombe où elle était assise, tout près du cadavre ignoble de la jolie petite souris. En se décalant un peu de lui, elle lui attrape la main, tout en s’accroupissant près de son amie. Tout ça dans un mouvement fluide, brumeux, léger. Avec une main douce et fragile, bien que froide comme de la glace. Elle amène cette main sur la souris, délicatement, pour qu’il la caresse.

« Que sens-tu Lain ? Que ne sens-tu pas ? Dis-moi. »

Ses pieds nus blancs et sales touchent le sang sur le sol, bien que noir à présent. Rencontre improbable de la souffrance et de l’absence d’existence.
    | HS : Dis-moi si tu veux que ton personnage arrête Miyoki lorsqu'elle l'entraine. je pourrais éditer Wink |


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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Jeu 16 Avr - 15:12

Impossible... impossible...
Une litanie obsédante qui tournait en boucle dans la tête d'un pauvre enfant désorienté, perdu...
Ce monde était affreux, comment comprendre...? Comment faire comprendre qu'il ne comprenait rien? Tout semblait couler de source pour eux, comme pour cette fille... elle semblait tout savoir, elle n'avait même pas l'air de se soucier de ce qui se passait. Insensible... Elle était insensible à son incompréhension... Il était impossible qu'elle l'ignore...
D'un seul coup, elle changea, il avait pourtant énoncé l'évidence... L'évidence lui faisait-elle du mal? C'était pour cela qu'il n'en parlait jamais... Comme si tout était toujours... Normal?
Elle le regarda étrangement. Il sentait son animosité mais n'en comprenait pas la cause, elle s'écarta de lui. Étrangement, il en fut attristé, il commençait à apprécier la proximité de corps d'autrui...
Elle se détourna. Il l'observa de dos un moment, quelque chose pulsait en lui, une sensation inconnue, quelque chose qui se frayait un passage vers ses yeux... La rupture?
Il n'en pouvait plus... Tout était contre lui... il se sentait comme un plongeur en parachute ( bien sûr, la métaphore est du narrateur...), c'était pire que tout...
" Aidez-moi" avait-il envie de dire... Il aurait même aimé le dire à tout le monde, le crier partout où il allait...
Mais ils ne voyaient rien. Il négligeaient l'évidence, l'illogisme de l'existence...
Aidez-moi.
elle se retourne, elle l'a entendu?


« Non, Lain. Je ne le sais pas. Je le sais juste un peu plus que les autres. Tiens peut-être un peu plus que toi… »


Un peu plus? Mais... Mais... Comment pouvait-elle... Le visage de Lain se contracta sous le stress et l'émotion, il semblait que ses yeux s'humidifiaient... Que lui arrivait-il à présent?
Pourtant, comme répondant à sa peine et à sa détresse, le sourire revient chez la jeune fille, un baume pour panser les blessure qu'elle avait sans doute creusé sans le savoir...
À bien y penser, non... C'était cet endroit qui les avait creusé... Cet endroit... Ce monde...
Elle s'approcha.


« Et si nous te cherchions ? »


Sa voix semblait venir de très loin... De plus loin que son corps, en tout cas... C'était illogique...
Quand est-ce que tout cela allait s'arrêter? Il ne fit qu'à peine attention à la stupidité des paroles qui ne le frappaient même plus... Il finissait même par leur trouver quelque chose d'étrange... Un semblant de vérité... Elle le poussa, il avança docilement, toute volonté annihilé, que pouvait-il faire?


« Allons-y »


Déconnecté du monde, il avança. Jusqu'à la pierre étrange.
Elle lui prit la main, douceur et froid l'envahirent. La sensation remonta le long de tout son corps, il ne pouvait détacher les yeux de la main qui l'attirait vers le sol, vers l'animal immobile.
Elle lui posa la main dessus, il sentit un instant le peu de vie qui restait, qui ne s'était pas encore échappé de l'animal mais qui avait depuis longtemps cessé d'agir... Comment l'animal pouvait-il ne plus bouger? Être... Froid?
Pourtant, c'était quelque chose de concret, les organes de l'animal s'entrevoyaient à travers le sang. Pris d'une étrange fascination, Lain avança doucement son doigt dans la plaie, l'écarta légèrement, n'en décollant jamais les yeux. Cet être était une balise à la réalité, quelque chose de vrai... Il ne le lâcherait pas.
Caressant, palpant, l'intérieur de l'animal, il caressa chaque organe en pensant à leur appellations, il l'avait apprit pendant les cours... Coeur... Foie... Reins... Poumons...
Il les touchait avec une sorte de tendresse, il n'entendit qu'à peine la jeune fille reprendre.


« Que sens-tu Lain ? Que ne sens-tu pas ? Dis-moi. »


Il ne s'en souciait qu'à peine... Réel... Cet animal était réel. Mais pourquoi ne bougeait-il plus? et pourquoi le cœur ne battait-il plus? C'était normal que le corps ne puisse plus rien faire si le sang n'était pas conduit...


" Pourquoi ne bouge t-il plus, Miyoki...?"


Demanda t-il sans détourner les yeux.
Il aurait eu un million de questions à poser, mais elles s'étaient toutes évanouies, balayées par l'étrange tranquillité qui s'était emparée de lui.
Une sérénité presque absolue.
Réelle...


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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Mer 20 Mai - 12:34

Il ne sait vraiment rien, ce pauvre enfant. Complètement perdu, désorienté, oublié, il ne sait ni qui il est, ni où il est. Qui a osé le faire se perdre en ce monde ? Pourquoi est-il venu là ? Il ne devrait pas être ici, il n’est pas à sa place. Les Moires sont bien cruels, de changer ainsi les Destinées.

Il ne sait pas ce qu’est la Mort. C’est attendrissant, d’une certaine façon. Il ne comprend pas l’Irréel, il ne s’accroche qu’à ce qu’on lui a dit. Il ne sait rien de plus, il n’a jamais triché. C’est étrange, de voir un tel ignorant. Son Destin est complètement en désaccord avec son environnement, son Destin est comme lui, il ne comprend pas que son monde a changé. C’est magnifique. Il ne comprend sûrement pas pourquoi elle l’observe autant, pourquoi elle semble si passionnée à l’observer. Il ne peut comprendre sa soif de connaissance, de Vérité, son envie de connaître mieux les Autres. Sa passion de l’ignorance, denrée si rare pour elle.

Mais il ne remarque rien. Il s’accroche à sa part de réalité, son petit rêve. Il lui rappelle les autres charlatans de son monde, qui fouillaient les entrailles des cadavres pour découvrir une part de Destin. L’idée était bonne, mais c’était complètement aléatoire ! Surtout que, puisqu’ils rataient souvent l’expérience et ne savaient jamais quand les résultats étaient faux, ils ne pouvaient se rattraper. Bref des idiots. Mais la ressemblance avec eux n’est que dans l’action, la joie de toucher ces boyaux. Car ce pauvre enfant, lui, il ne cherche pas le futur mais le présent dans le cadavre.

« Elle est morte. »

Elle laisse s’échapper quelques secondes, pour se délecter de l’expression de Lain.


« La vie l’a quittée. Ainsi, son âme et sont esprit sont partis, ne laissant que ce corps à l’abandon. Plus personne ne l’habite. Plus jamais il ne bougera. »

Elle sait qu’elle va trop vite, qu’elle n’aurait pas tout de suite du lui dire la vérité. Mais elle veut le voir se briser, sentir ce calme étonnant éclater. Il est trop terne pour être humain, il ne peut continuer à vivre comme cela. C’est impossible qu’il tienne longtemps en vie en étant aussi proche de la mort. Elle veut découvrir ses limites, pour qu’il puisse s’épanouir dans des émotions fortes, qui l’entraîneront loin. Ironique de sa part, n’est-ce pas ?

Et puis, bien sûr, il y a cette inconsciente haine de l’innocence et de l’ignorance. Elle ne peut supporter que d’autres ne sachent pas tandis qu’elle est obligée de savoir. Elle ne semble pas vraiment le haïr pourtant, elle-même croit l’apprécier, elle-même croit admirer sa bêtise. Elle-même ne sait pas ce qui grouille au plus profond de son corps.


« Que tu peux être naïf… »


Elle murmure cela tout en l’observant, distraite. Elle aurait presque envie de pleurer, sans savoir pourquoi.

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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Ven 26 Juin - 19:29

Muscles... Épiderme... Globes occulaires... C'en était tranquillisant de réciter encore et encore cette équation corporelle infinie... Il parcourait le corps de l'animal en récitant silencieusement sa leçon, il aurait pu plonger jusqu'au cellules, décortiquer jusqu'au plus petit fragment d'ADN du petit animal... Il ressentait presque de l'amitié pour lui, de l'amitié pour un animal... Quelle idiotie. Il commençait à prendre les habitudes de cet endroit, était-ce une bonne chose? Il avait vu tant d'absurdité, sa pensée en était forcément chamboulée, mais ami avec un animal...?
Non, les vrais animaux n'avaient pas d'amis.


« Elle est morte. »

Phrase étrange. Elle était tombée comme un couperet alors qu'il essayait justement d'oublier. Oublier cette fille, troublante apparition qui semblait incarner toute l'irréalité possible, oublier cette fille au physique vaporeux (quelle expression idiote!) qui oscillait entre le tourment et le secours... Mot-rte? Les tonalités de l'expressions paraissaient étranges, et la syntaxe était incorrecte (Dieu, que ça faisait du bien de faire de la grammaire...)... Quel sens avait la phrase? Il tourna à regret les yeux vers elles, ils se remirent aussitot à s'humidifier inexplicablement... Le retour à l'iréel était déchirant, son regard ne changea pas, mais on aurait presque pu deviner à sa physionomie qu'il s'interrogeait.


« La vie l’a quittée. Ainsi, son âme et sont esprit sont partis, ne laissant que ce corps à l’abandon. Plus personne ne l’habite. Plus jamais il ne bougera. »

Et là, il comprit. Mais c'était tellement grotesque qu'il n'y crut pas tout de suite. La vie qui quitte quelqu'un? C'était tout bonnement impossible. Tout le monde avait toujours été en vie, dans l'Identique... On leur avait expliqué le mot "vie" en tant qu'abstraction, mais c'était quelque chose de naturel... Il était inimaginable qu'elle nous quitte.


Lain se rendit compte qu'il tremblait.
Il ne faisait pas froid, pourtant...


Il tourna vers elle un regard étrange. Dans ses yeux se mêlaient l'étincelle de défi que lançait les gladiateurs à l'empereur au moment du "moritori te salutant" et la peur d'un savoir total et absolu. À ces deux expressions se mélangeait une ombre de haine et, ultime puissance qu'il avait, sans vraiment le savoir, extrait du peu d'humanité qu'il possédait: de l'insoumission.


« Que tu peux être naïf… »


Ce fut la goutte de trop.
Il n'était pas naïf! C'était elle qui lui racontait des mensonges! C'était eux qui l'avaient plongé dans un endroit où il ne connaissait rien! C'était EUX qui l'obligeaient à croire en des règles qui n'existaient PAS! Pourquoi faisaient-ils ça? En ce moment, il était peut-être en train de dormir à l'Identique, était-ce ça, l'élargissement? Qu'avait-il fait pour être élargi?
Il se rappela un instant, tout ses crimes, toute ces horreurs qu'il avait accompli... Il avait mit l'Identique en danger, il avait mérité un châtiment... Mais ça... Ça... C'était vraiment...


" Vous mentez."

Sa voix était sourde, presque un murmure. Une certitude qui bouillonnait au fond de lui...


" Vous mentez!"


... Et qui s'embrasait au contact de l'air. Sa voix se fit un tout petit peu plus expressive que d'habitude, mais cela faisait la différence. Une once de désespoir nuançait sa voix monocorde.
Il avait presque crié. Il avait relevé la tête vers elle, une lueur de folie dans les yeux. Comment la vie pouvait-elle quitter un être?
Il la fixa, mentir était le pire des crimes, à l'Identique. Mentir était horreur, mentir était immonde, un menteur était un paria voué à l'élargissement. Il aurait eu envie de détruire cette femme, de la faire disparaître, de ne plus lui parler, de se détourner d'elle, de tout faire pour qu'elle n'agisse plus... Pourtant, il n'aurait pas pu lui faire le moindre mal. Tout d'abord parce que frapper quelqu'un ne lui serait jamais venu à l'idée...
Et ensuite parce qu'à la haine naissante que son esprit peinait à découvrir se mêlait une fascination étrange et inexpliquée pour cette apparition étrange qui tentait de lui faire accepter ces concepts grotesques... L'ignorance contre le savoir, la fascination du papillon pour la lumière qui le brûlera, la répulsion de l'homme pour ce qui le sauvera...
L'amour et la haine sont deux facettes d'une même pièce.
L'adoration et la répulsion également. La pièce était lancée en l'air, de quel côté allait-elle retomber?


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Miyoki Yuitsu

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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Sam 27 Juin - 11:14

Quelle ironie.

Elle, mentir ? Elle voudrait bien mentir, elle voudrait bien se tromper, elle voudrait bien ignorer. Peut-être qu’elle ne sait pas tout, certes il y a des choses qu’elle ignore, mais il y a aussi tellement de choses qu’elle sait !

Il est attendrissant en vérité, ce pauvre être qui se noie dans des contradictions sans fin. Il confond Réel et Irréel, il confond Vérité et Mensonge, il confond tout. Car selon les mondes, selon les êtres, selon les circonstances, la Vérité et la Réalité changent. Une vérité d’un jour peut devenir un mensonge. Les humains sont prédestinés à se tromper. Ils essayent juste de cacher cela derrière des raisons et des excuses sans queue ni tête.


« Je ne te mens pas, Lain. Tu peux douter de ce que tu veux, mais pas de ça. »

Elle lui sourit, doucement, calmement, son regard est plein d’assurance. Elle semble soudain un peu plus vivante, par cette affection qu’elle lui montre soudain. Sa main pâle s’élève pour arriver juste sous l’œil gauche du garçon. Ses doigts caressent une joue, sa paume effleure une mâchoire, ses pierres d’ambre se plongent dans les yeux de l’innocent. Hypnotisante.

« Toute chose qui débute a une fin. Tu es né, tu mourras. C’est inévitable. L’immortalité n’existe pas, l’éternité est rarissime. Nous cherchons tous quelque chose d’immuable, nous imaginons toujours que cela ne peut avoir de fin. Nous avons tous peur, tellement peur que le rêve de cette vie se brise. Mais c’est ce risque de la mort qui nous fait avancer, Lain. C’est cette impression d’avancer sur un fil près à se briser qui nous rend si heureux d’être encore là. »

Sa main remonte un peu recoiffer distraitement le jeune homme. Elle retrouve une habitude ancestrale, un instinct de toucher en même temps que parler, tic qu’elle avait alors qu’elle était encore dans son monde. Quand elle était heureuse de savoir.

« Au contraire, cette certitude de toujours exister te ruine. Pourquoi savourer un jour puisqu’on a encore tous les autres derrière ? Regarde-toi, Lain. Souviens-toi. N’est-ce pas l’éphémère qui te fait changer ? L’identique n’apporte rien. »

Elle se tait. Elle l’observe. Elle le regarde, au plus profond de lui-même. Elle brûle de curiosité, elle se consume de désir. Elle veut savoir, elle veut connaître, elle veut comprendre. Elle veut se perdre dans ce visage terne pour enfin le voir vivre. Mais elle ne voit que des instants, que de rares insinuations, tout est trouble. Les vivants sont si durs à lire !

« Tu le sais bien, que depuis que tu existes, c’est à l’instant où tout a changé que le temps s’est mis à s’écouler. Tu t’en est rendu compte, n’est-ce pas, que le monde est devenu bien plus intéressant depuis que tu ne te tues plus. Car, chaque jour, tu te tuais, tu devenais vide. Cela t’empêchait de bouger. »


La main de Miyoki s’est posée sur le cou de Lain. Son visage s’est approché, encore et encore, elle dévore des yeux cette part de lui-même qu’elle aperçoit enfin. Elle est à la fois plus réelle et encore plus surnaturelle. Elle semble comme folle, dans ses yeux brûlent une soif insatiable. Elle veut se fondre en lui, elle veut le posséder comme elle n’a jamais possédé quelqu’un.

« C’est l’immaculé qui t’as sauvé. Le blanc sans tâche, la pureté parfaite. Qui est-elle ? »

Leurs fronts se touchent. Elle ne peut voir l’expression du visage de Lain, elle est bien plus loin. Et bien trop absorbée pour faire attention au monde réel. Mais se rapprocher ne change rien, ce n’est pas en le touchant qu’elle peut en savoir plus. Et ce savoir la tue, la brise, bien que sur son visage, on ne peut lire que le désir le plus brut possible.

Elle se réveille. Elle sursaute. Elle le lâche et s’écarte. Elle se retrouve les fesses par terre, elle respire plus fort que d’habitude. Un instant, elle a cru tomber, elle a cru qu’elle allait se faire entraîner par… Quelque chose. Elle comprend ce qu’elle vient de faire. La peur la prend au ventre, mais cette fois elle ne peut se retourner pour le cacher à Lain. Il peut alors admirer Miyoki Yuitsu, cette sixième cycle si sûre d’elle, si irréelle, si stupéfiante, tellement imperturbable. Il peut la voir, tétanisée par elle-même.


« Excuse-moi. »

Elle a lâché cela dans un souffle.

« Ne pars pas. N’aie pas peur. Je t’en prie. »


Elle parle plus vite que d’habitude. Elle supplie. Cela lui est-il déjà arrivé ? Non. Assurément que non. Elle a brisé trop de choses, trop de choses se sont brisés. À présent, c’est à son tour d’être détruite.

Et encore cette envie de pleurer.


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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Lun 24 Aoû - 11:48

Impuissant... Tellement impuissant... Lain assistait, comme en simple
spectateur, à l'effondrement de toute ses certitudes, tout ce qu'on lui
avait appris, l'Identique, l'équilibre, la durée... Tout ce qu'il
savait, cette fille l'envoyait à l'abattoir.


« Je ne te mens pas, Lain. Tu peux douter de ce que tu veux, mais pas de ça. »


...
Et le pire était que cette phrase était la seule qui prenait un accent
de vérité à ses yeux. La terreur n'en était que plus grande car si
celle-ci était vrai, toutes les autres suivraient... Mais c'était idiot!
La vie ne pouvait pas avoir de fin, c'était impossible! Qu'y avait t-il
après la vie, alors ? Qu'aurait-il pu y avoir ? Non... Ce qu'elle
désignait comme... Mort, n'existait pas. Ça ne pouvait pas exister...
Son souffle s'accéléra en sentant la chaleur d'une main sur sa joue qui
semblait, à côté, d'une froideur atroce. Il frémit en voyant les iris
haïs et pourtant désirés se diriger vers lui. Il aurait hurlé de peur
s'il n'avait pas été lui.
Elle parla. D'une mort qui nous ferait avancer, ainsi nous serions tous contraints à une non-existence éternelle, à l'issue de cette... " Vie".
C'était tellement immonde... Pourtant, Lain
avait bu chacun des mots, chacun l'avait un peu plus abasourdi. La
découverte de l'existence d'une non-vie était une chose... Celle qu'il
subirait un jour en était une autre, Horreur! Une peur sans nom
commença à l'envahir, il ne voulait plus savoir! Qu'on le laisse
tranquille!
Il resta pétrifié face à elle, mais à l'intérieur, il se
débattait comme un diable contre ce savoir qui voulait se frayer un
chemin en lui et qu'il ne voulait plus. Ce savoir qu'il avait si
longtemps réclamé, supplié... Il ne lui inspirait plus maintenant que
la terreur absolue. Il ne voulait pas que la vie le quitte! Elle ne
pouvait même pas le quitter! Pourquoi son cœur s'arrêterait t-il de
battre et son cerveau de fonctionner? Pourquoi le...
Mais là encore,
la fille l'empêcha d'aller plus loin, elle l'empêcha d'étouffer sa
vérité sous la sienne. Simplement en lui touchant les cheveux. Il
frémit à nouveau.
À l'Identique, on avait prit le Médicament pour
éviter de ressentir quelque chose en étant touché... Ici, il n'en avait
plus... Il la regarda à nouveau avec cet étrange mélange de dégoût et
d'attirance.

Elle se remet à parler... L'éphémère... La certitude de toujours exister... Était-ce vraiment se ruiner que d'être en paix?
Sa
respiration s'accélère légèrement, il ne suit plus. Il ne peut plus
suivre... Pourquoi savourer une vie qu'on nous reprendra ? Pourquoi
devrait-on mourir ? C'est si... Cruel.
Il la regarde encore et frémit. Encore cette étrange sensation lancinante à la limite de la sauvagerie qui gronde en lui, stupide et inutile, dérangeante pour un esprit si pur que le sien et pourtant si naturelle, si longtemps réfréné par l'indifférence et par l'Identique... L'éphémère... Il la détaille encore, elle. Miyoki.


« Tu le sais
bien, que depuis que tu existes, c’est à l’instant où tout a changé que
le temps s’est mis à s’écouler. Tu t’en est rendu compte, n’est-ce pas,
que le monde est devenu bien plus intéressant depuis que tu ne te tues
plus. Car, chaque jour, tu te tuais, tu devenais vide. Cela t’empêchait
de bouger. »


Se tuer ? Ca n'avait pas de sens, il n'était pas mort... Comment pouvait-on mourir chaque jour ? Et de sa propre volonté... ? C'était idiot ! Idiot ! Et il n'était pas vide ! Être vide est impossible, le vide n'existe pas... Pourtant, malgré tout ses efforts pour continuer à ne pas comprendre les allégories, Lain commençait à intégrer l'idée que... Même s'il n'était jamais mort... Il n'avait jamais vraiment été vivant... Qu'est-ce qu'être vivant, alors ? Comment l'être puisqu'il avait vécu à la frontière, comment vivre quand on ne peut pas mourir ?

Cette pensée sonna comme une révélation, les yeux du garçon s'écarquillèrent devant cette étrange pensée (en fait la première réflexion personnelle de son existence), il s'écarquillèrent encore plus lorsqu'un tissus doux et chaud se posa sur lui et que l'étrange inconnue se mit à s'approcher de lui, un éclat étrange dans les yeux. Et à nouveau cette sensation au creux des reins, et à nouveau cette boule de saleté qui s'agite en son sein... Ce sentiment qui le poussait jusqu'aux limites de l'écœurement tout en le propulsant plus loin dans l'humanité qu'il ne l'avait jamais été...


« C’est l’immaculé qui t’as sauvé. Le blanc sans tâche, la pureté parfaite. Qui est-elle ? »

Elle parle à nouveau. Le blanc sans tâche, la pureté... Qui-est-elle? Presque rien, à présent, rien qu'un drap blanc souillé d'une tâche de sang qui grandit, qui grandit encore... Qui se propage en lui lorsque leurs peaux se touchent et qui devient onde primaires de Vouloir. Les yeux de Lain sont noirs, à présent, les pupilles dilatées comme jamais, comme un fœtus qui, resté recroquevillé longtemps, découvre qu'il peut s'étendre... En lui, tout n'est plus que panique, mais l'incompréhension n'est plus qu'un léger éclat en lui. Il ne comprend plus rien mais ne peut plus chercher à comprendre... Submergé par un flot de sensations inanalysable... Tout allait trop vite, tout était trop fort! Ce n'était plus une tache de sang qui se déversait sur le drap mais un flot de liquide cramoisie qui le noyait et l'écrasait sous quelque chose de trop grand pour lui...
Et un point de rupture approchait... Approchait sous la forme du visage de Miyoki. Elle n'était plus inconnue, elle était elle, elle était la vérité, la révélation ! Que se passerait-il lorsqu'ils se toucheraient ? Il l'ignorait et le savait à la fois quand...

... Tout s'arrêta. Une action brutale et mat à la fois. Sans effet de caméra, sans son excessif, juste la séparation, le bruit de la terre qu'on remue et la sensation qui s'en va peu à peu... Un soulagement et un regret, comme un papillon qui voit s'éloigner la lumière.
Amusant. C'était sa première allégorie.


« Excuse-moi. »

" J'accepte vos excuses". La phrase reste terrée bien au fond de lui... Bien loin de ses pensées, encore plus loin de franchir ses lèvres. Il n'y pense pas.

« Ne pars pas. N’aie pas peur. Je t’en prie. »
Il la fixe, intensément. Ses yeux cherchant quelque chose qu'ils ne trouveront pas. Il la regarde d'un œil absolu, d'un regard presque accusateur, à l'intérieur, c'est le chaos. Il cherche à comprendre ce qui lui est arrivé, il cherche à revoir cet autre lui qui est apparu... Cet autre visage de lui même qu'il s'appliquait, chaque jour, à anesthésier. Cet... Humain. Ce garçon qui, un instant, s'est oublié et l'avait trainé avec lui dans les abysses profondes du désir intense...
D'un geste étrangement instinctif, il se passe un doigt sur les lèvres, comme si elles seules avaient gardé l'empreinte d'un contact qui n'avait pas eu lieu... C'était stupide, il n'avait jamais connu de baiser.


" Que s'est-il passé... ?"


Il murmure, pour lui-même... Avait-il déjà parlé tout seul ? Ses pensées avaient-elles déjà été à ce point chaotiques qu'elles aient besoin
d'être verbalisées ? Lain découvre à nouveau l'incompréhension. Pourtant, c'est plus profond qu'avant, après avoir découvert que le monde était anormal, il découvre peu à peu l'irréalité du contrôle qu'il pensait encore avoir de lui-même...

Il vit à la frontière, son être entier lui hurle de sortir, de quitter cette femme parce que le temps pour lui n'est pas venu d'en savoir plus. Pourtant, la brume stagnante de le cimetière semblait se propager lentement en lui, anesthésiant sa raison, effaçant ce qu'il savait et ce qu'il voulait. Il n'y avait plus de chemin à suivre devant lui. Plus de consignes, plus personne pour lui dire quoi faire. C'était atroce et grisant à la fois, mais tellement nouveau...

Il se détourne et baisse les yeux vers le sentier qui repart vers l'académie... Et il pourfend le dernier sursaut de conscience qui tentait de le lui faire emprunter. Avec un dernier regard pour ce sentier qui fut un jour le choix de la raison, il se détourne et marche vers Miyoki. Comme dans un rêve, il sent ses yeux trembler et une goutte d'eau dévaler son visage, il commence à pleuvoir ?

Arrivé proche d'elle, il la dévisage. Il la regarde de haut. Ses yeux sont amer, désillusionnés, il aurait mieux fait d'ignorer, au final... Pourtant, aucune colère envers cette fille (qu'était-ce que la colère, au fait ?), aucune animosité, rien... Toujours cette étrange fascination face à son lunatisme et à son évanescence. Face à autre chose, aussi... L'agencement du visage, la profondeur des yeux... La... Beauté ? Encore aurait-il fallu qu'il connaisse le mot.

Lentement, il s'agenouille auprès d'elle, il se prend une deuxième goutte d'eau sur le visage, est-ce qu'il pleut vraiment ?


" De quoi avez-vous peur ?"


Sa voix est douce. Presque affectueuse, gentille. En cet instant il se sent plus de lien avec celle qui lui a fait tant de mal qu'avec tout ceux qui lui ont appris la tranquillité et la paix. Pour la première fois, peut-être, il fait un choix. Il fait le choix de lui prendre la main (elle est tiède) et de la regarder avec tendresse (il pleut encore une goutte).


" Je peux vous aider."


Car l'un a ce que l'autre n'a pas, cela marche dans les deux sens. L'un a besoin de ce que l'autre a, mais les deux en ont peur. Les deux peuvent s'aider ou se tuer l'un l'autre, ils ont chacun une épée dans une main et une rose dans l'autre.

Et son cœur bat. Et, dans l'ombre du cimetière, à travers la vague odeur de rouille et de mousse, parvient à ses narines un fugitif parfum de fleurs.

Ténu, si ténu...


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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Sam 24 Oct - 14:02

Lain la regarde. Comment faire ? Il la déteste, elle le dégoûte, elle est allée trop vite, elle est allée trop loin. À présent, c’est elle qui est perdue et c’est lui qui sait où il va. Elle ouvre encore la bouche mais aucun son n’en sort. Elle ne peut supporter l’idée d’entendre encore cette voix pitoyable qui est la sienne. Combien elle s’est haïe de s’être entendue prononcer ces mots faibles ! D’avoir osé dévoiler à un être autre qu’elle-même ce que renferme son âme. Dire qu’il le sait, maintenant ! Oui, il s’est rendu compte qu’elle est brisée.

Elle ne peut détacher son regard de lui, elle se sent comme habitée d’un désir masochiste de voir la chute de cette histoire. De voir, par sa faute, cet être fuir et disparaître devant la folie de celle qui lui a apporté un savoir maudit. Mais cela avait été instinctif, de vouloir partager sa souffrance avec un autre, de voir dans ces yeux la même panique que celle qui brille si souvent dans les yeux de la Prophétesse. Pourtant, bien qu’ils soient plusieurs à souffrir, sa peine ne part pas pour autant. Elle reste toujours une âme déchue, agonisant à petit feu.

Il observe la sortie, elle sait qu’il veut partir. Elle sent les fils converger vers cette possibilité où il l’abandonnera à son esprit meurtri, au milieu de ce cimetière où le parfum des fleurs n’arrive que rarement aux narines des quelques vivants passant par là. Le Destin se penche vers cet horizon où elle sait qu’elle restera de longs instants à sentir son corps mourir délicatement, laissant la vie s’échapper, aspirée par les morts enfouis sous terre. Elle a peur, si peur ne mourir seule.

Soudain, les suppositions prennent feu et tout change.

Le Destin s’illumine, les fils se perdent, d’autres arrivent, un chemin inespéré voit la lumière du jour : Lain se détourne de la sortie. Avant même de le voir faire, elle sait qu’il avance vers elle. Elle ressent la larme avant qu’il ne la verse. Comment peut-il pleurer et la dévisager avec autant de froideur en même temps ? Comment peut-il être sensible au malheur de son bourreau tout en ayant l’air pas le moins du monde troublé ? Il est si contradictoire et si simple, son cher garçon, ce petit être perdu qui a enfin trouvé un chemin. Finalement, il fait disparaître la distance qui les sépare, ces quelques pas qu’elle a laissé en s’éloignant de lui. Auparavant, il ne faisait que suivre le rythme de la jeune fille, il subissait continuellement les mots et les gestes de cette évanescente robe blanche. À présent, c’est elle qui se laisse subjuguer par ce Destin insoupçonné, surprise pour la première fois depuis si longtemps. La voilà soumise à un autre être, s’étant fait surprendre dans un instant de faiblesse.

Elle observe presque avec fascination une deuxième goutte des yeux dévaler la joue de Lain. Quelle beauté !

« De quoi avez-vous peur ? »

De quoi a-t-elle peur ? Oui, exactement, de quoi a-t-elle peur ? De son savoir, d’être seule, de la mort. Elle a peur de son savoir mais n’a jamais voulu le perdre. Elle a peur de la solitude mais brise la plupart de ses relations. Elle a peur de la mort mais se laisse dépérir. Ce ne sont que des conséquences, ces choses qui la terrorisent viennent d’une cause toute autre. Ce ne sont que des excuses, ce n’est pas de cela dont elle a peur. C’est tout autre chose.

« Je peux vous aider. »

Il veut l’aider. Il pleure, encore, pour elle ? Ou pour célébrer sa première véritable décision ? Une si belle renaissance que le choix de venir aider un cœur détruit. Le cœur détruit de celle qui a pourtant tellement souhaité le voir agoniser d’un savoir le dépassant. Il est bien trop gentil. Ou n’a-t-il vraiment aucune considération pour sa propre personne ? Sait-il au moins qu’il existe ? Se rend-t-il compte qu’il modifie le Destin par chacun de ses actes ? Que se passerait-il, s’il le savait ? Et si…

Et si elle lui disait tout ? Qu’elle dévoilait cette terreur qu’elle-même refuse d’affronter ? Qu’elle s’abandonnait à un être fort ? Qu’elle acceptait que quelqu’un effleure ce qu’elle renfermait ? Et si, une fois encore, elle laissait sa voix rabaisser sa raison de vivre à de simples mots ? Encore une fois se haïr d’avoir laissé un profane toucher à ce sentiment sacré ? Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, ils peuvent prétendre que ce n’est rien, que, aux yeux du monde ses sentiments ne sont que poussières. Oui, elle les laisse dire ! Peu importe que, pour eux, cela n’existe pas. Car pour Miyoki ce lien est plus important que tout, dans la vie comme dans la mort. Une sorte de déification d’une fascination.

Dévoiler cela ? Non. Malgré tout ce que Lain peut être.

Depuis quand regarde-t-elle le sol, le regard vite, l’esprit plongée en elle-même ? Depuis qu’il lui a proposé son aide, non ? Peut-être. En tout cas, elle retrouve enfin ses esprits. Sans relever la tête, elle chuchote quelques mots, délicatement, une promesse offerte au vent, à peine perçue par les oreilles de son destinataire.


« Non Lain, tu ne peux pas encore. Plus tard. »

Elle affronte de nouveaux ce regard vide et plein à la fois. La peur disparaît de ses yeux d’ambre, le calme revient, une main se lève pour effleurer une joue, toucher une larme, des lèvres esquissent les prémisses d’un doux sourire.

« Lain, tu pleures. »

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MessageSujet: Re: Nous t'attendions | Lain   Sam 18 Sep - 11:44

La vie afflue et la mort rôde, partout partout ! Il la sent, autour de lui, comme de l'eau, comme si un vent fluide, presque matériel, lui caressait la peau avec la tendresse du Diable. Que se passe t-il ? Il se sent bizarre. Mais se sentir bizarre n'est-ce pas un verbe incorrect ? Est-ce seulement un verbe -mais quelle importance puisque c'est beau ? Et puis beau, qu'est-ce que c'est...? Quelle importance puisque c'est beau, d'être beau ? C'est stupide, mais il ne s'en rend pas compte, ou peu. C'est comme un calme torrent, une flaque d'huile qui s'étend en lui, il a l'impression de devenir plus grand.

Que fait-il ici, pourquoi était-il là et qui était-il ? Il pourrait tenter de s'en souvenir, peut-être y parviendrait-il, peut-être même qu'il n'y parviendrait pas, mais à quoi cela servirait-il ? Il n'était plus, lui, il n'était plus ici que Miyoki et sa peur. Elle. Immense et pourtant si frêle, apeurée et qui a besoin d'être soignée, si grande et si forte. Terrifiante et pourtant, il était si rassurant de savoir que quelqu'un était si puissant. En quelques instants, la voir si décontenancé était devenu quelque chose de difficilement supportable. Comme si elle était un être proche en plein désarroi... Quoique, avait-il jamais vu un être proche en plein désarroi ? Lorsque Joseph s'était mis en colère, lorsque la femme de sa cellule familiale avait découvert Blanche, qu'en savait-il...?
Avait-il vraiment été aussi triste ?
Avait-il jamais été triste ?

C'était un sentiment vraiment horrible et merveilleux à la fois, qui vous donnait envie de pleurer et pourtant qui lui paraissait essentiel à lui-même, dans une sorte d'instinct masochiste, et qui le poussait peu à peu à vouloir. Qui l'éloignait de lui-même, de la Pilule et du reste, Mélancolie... L'émotion était quelque chose de réellement pernicieux. et pourtant, de si irrésistible. Et au centre de tout, Miyoki. Miyoki qui parlait, qui faisait passer l'émotion à travers elle sans jamais s'y attarder, elle jouait avec le feu sans se brûler (encore une métaphore, il ne les comptait plus...), pourtant elle avait l'air... Mal.
Pourquoi ?

Qu'importait pourquoi, après tout, ce qui comptait c'était qu'à présent, il avait de quoi arrêter le mal, éteindre le feu avec le peu qu'il lui restait de froideur. Et pourtant...


« Non Lain, tu ne peux pas encore. Plus tard. »


C'est dur. Une phrase réelle, la première, sans doute, qui était assez rationnelle pour être comprise. L'entrainer avec elle dans la douleur, puis l'en repousser. N'était-ce pas un acte de bienveillance ? Il n'était plus assez conscient pour en décider. Et pourtant, il avait mal. Il aurait voulu pouvoir, peut-être ?
Pourquoi ne pouvait-il pas ? Dis-moi, Miyoki, apprends-moi pourquoi je ne peux pas.
C'est horrible de ne pas pouvoir.


Il sent à peine sa joue s'enflammer sous le contact evanescent de la prophétesse. Perdu dans ses pensées, il cherche, que cherche-t-il ? Seul. Elle aurait pu le dire, mais il ne peut pas. Il ne peut pas l'aider et elle-même n'en a plus envie. C'est tellement... Logique.
Ce mot si rassurant. En cet instant, il le contrarie. Il détruit tout, il lui donne envie de...

« Lain, tu pleures. »


....

Ca, c'était trop. Mouvement convulsif de la main, il écarte celle de Miyoki. Ou plutôt, veut l'écarter. Mais il ne se résout pas à la lâcher et sa main à la peau contracté se détend, se relâche avant même d'avoir pu dégager celle de la fille. Il la fixe à travers la pluie, d'un regard qu'il aurait voulu impénétrable, qui pourrait dire de quoi il a l'air sans miroir ? Elle, seulement, elle et les corbeaux, mais les corbeaux ne parlent pas alors ils ne peuvent le dire. Donc, seulement Elle. Un regard misérable, sans doute, et plein d'ombre.

Il est vaincu. Son être plie, alors, tout désir le quitte, toute volonté et toute motivation, toute envie de rester debout et de ne pas passer le reste des temps recroquevillé, n'importe quoi, tout le quitte, s'échappe de lui par les yeux et il tombe lentement à genoux, même pas assez brutalement pour se faire mal. Il en oublie de lâcher la main qui était sur sa joue, mais il la sent à peine. Il est en colère, mais il n'a même plus l'énergie de serrer les poings, et plus personne pour lui expliquer comment ne plus être en colère.
Sans qu'il puisse se l'expliquer, son visage est pris d'un léger soubresaut. Sans même relever les yeux, il produit tout de même un ultime acte de révolte et marmonne à travers la pluie.


" Ca n'existe pas, pleurer. Miyoki."


Et tout devint noir. Ou gris, peut-être.
Ne reste en lui que le goût amer de l'eau salée et celui des certitudes qui se brisent, laissant place à une fade incertitude, à des perspectives floues et délavées avant l'heure. Il avait l'impression de grandir.



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